lundi 3 janvier 2011

PENSEE PLANETAIRE > Planète de pensée

La planète de pensée est l'ouvert emblématique, dont le terminal est l'ouvrant problématique de l'espace-temps culturel. En mode immanent, la problématisation prend appui sur soi pour se libérer de soi et s'ouvrir ainsi à la source emblématique. Ainsi la pensée planétaire s'abouche à la planète de la pensée. (1997)

EUROPANALYSE > Orient

L'europanalyse met en place un théoricien en-ouvert qui théorise-dans (c'est une habitation, un écumène interne), et non plus des théorisations ouvrantes par les théoriciens-de (position théoriciste fermée). L'europanalyse en theoria invente en se désacculturant. Afin de produire l'équivalent occidental de l'orient, le penseur doit rompre avec les représentations(-de) de type philosophique, s'effacer en tant que sujet au profit de la nature de la pensée (que la Science première se doit d'expliciter) comme le Sage s'efface dans la nature des choses. (1997)

NON-PHILOSOPHIE > Connaissance

François Laruelle, avec sa non-philosophie, ancre sa pensée droit dans le réel que nous disons européen ; l'homme ou le réel-Un y est l'absolument inconnu emblématique, c'est-à-dire qu'il ne fait pas problème. Dans le premier ordre humain, le discours est exclu. Pourtant Laruelle ne poursuit pas dans l'immaner, chez lui l'homme se voit soumis problématiquement à sa connaissance. Le réel sort de lui pour connaître, sollicité par l'ouvrant culturel occidental. Qu'on le veuille ou non la connaissance se trouve à nouveau séparée du réel par le biais de l'unilatéralisation, elle risque de faire instance à part sans refaire cocon évidemment. Le risque de théoricisme est patent. L'ouvrant distanciant, nécessaire à la représentation, ne peut être qu'un moment d'un processus ouvert. (1997)

PHENOMENOLOGIE > Immanence

Les auteurs phénoménologues ont entamé une ouverture vers l'immanence, à contre-courant de la position occidentale extériorisante et en procédant par dérivation. Il convient de parachever cette démarche en la radicalisant : glisser de l'invisible transcendant dans un processus immanent où l'invisible est à même le visible et où le visible est illuminé de l'intérieur. La voie européenne devra plus précisément penser le visible dans l'invisible de la pensée. (1997)

NEOPHILOSOPHIE > Occident

La "néophilosophie" déconstructionniste prend partiellement conscience de la ruse culturelle de toute position philosophique, sans toutefois viser La philosophie comme telle, de sorte que les opérations de découpe et de déplacement qu'elle exerce stratégiquement contribuent paradoxalement à l'extension du cocon spatio-temporel et donc à l'occidentalisation de la planète. (1997)

PLANETE DE PENSEE > Perception

L'immaner réel transforme le temps et l'espace qui nous servent de réel culturel, et encore abstrait. Freud lui-même a institué l'inconscient en dehors de l'espace-temps perceptif, ce mode d'intuition limité dont la conscience est le terminal. L'intuition est à restructurer immensément. Dans la généralité de la planète de pensée, l'opposition perceptive du corps et de l'esprit disparaît. Le visible se trouve interprété dans l'invisible et inversement. Elle procède par intractivité interne et non interactivité spaciotemporelle. Nous dirons encore qu'elle est instrastructure d'emboutissement des structures d'aboutissement, c'est-à-dire terminales. Son immensité n'est pas celle de l'omnidimentionalité de la koiné scientifique. (1997)

PLANETE DE PENSEE > Pensée planétaire

Malgré l'extension de la pensée planétaire, ou à cause d'elle, l'europanalyse crée les conditions d'une planète de pensée authentique et autonome, tout en gardant l'apport des révolutions scientifiques. Alors que l'Occident est le genre induit des cultures européennes, Europe sera une forme ou une généralité réelle, une planète de pensée (via la matrice "europe") dépourvue d'attache spatio-temporelle. (1997)

TECHNO-SCIENCE > Immanence

La techno-science n'est que le dernier rejeton de la pieuvre matricielle philosophique dont le programme de pensée est l'essence réelle d'occident. La "nouvelle" pensée planétaire ne fait que digitaliser la koiné conceptuelle occidentale. La communication généralisée intercontinentale fait figure d'immanence, mais cette transparence sans fin s'avère opaque et ruineuse pour l'homme pris comme tout un chacun absolu. L'inter-connectivité cache mal son vide abyssal, d'où la nécessité d'inventer une vraie grande pensée en immensité réelle. (1997)

SCIENCES > Philosophie

Au Grand Siècle, la figure du savant s'est formée contre celle du philosophe théologien, Galilée se détourne du cocon logicoréel aristotélicien, préservant la compacité du réel à expliquer. Mais les sciences ne sont pas purement descriptives, elles continuent de se poser à la manière philosophique ; et le savant ne s'efface pas au profit de la nature de la pensée en laissant le réel vibrer à l'intérieur d'elle (ce qui inverserait la solution orientale). Tout au contraire l'essor des technologies restituent l'équivalent d'un Dieu ou d'un sujet transcendantal, et illustrent ce que Heidegger nomme la "volonté de volonté".  (1997)

PHILOSOPHIE > Réflexion

L'essence de la philosophie est la réflexion de l'intériorité sur elle-même, mais de telle sorte que celle-ci se perd dans celle-là et ne peut plus s'authentifier dans l'immanence. Il y a une dimension mythique de la rationalité philosophique, dans la mesure où la philosophie se fonde sur un cocon spacio-temporel, une sorte d'œuf cosmique initial jamais totalement clos car soumis aux ouvrants problématiques. (1997)

PHILOSOPHE > Réel

A la densité continentale du Yi-King, s'oppose l'extension occidentale planétarisante. Paradoxalement celle-ci surgit avec la figure indienne du "Sannyasi", le "renonçant", d'où sont issues successivement les types du philosophe grec aristocrate, du méditatif chrétien et du penseur philosophe laïc. La systématisation philosophique s'initie donc d'un particularisme : le philosophe ne détecte pas le réel via une symbolique commune, il construit "sa" symbolique et cherche à connaître pour connaitre. Socrate se retire du Kosmos, assume la rupture en intériorité et sacralise la question : le réel emblématique devient problématique, et la pensée vire au système (Platon) (1997)

ORIENT > Immanence

Culturellement le Yi-King témoigne d'une pensée ayant gardé sa localisation profonde, basée sur des signes emblématiques ne formant pas Logos (grec) ou Parole (biblique). Le Sage arpentant la Voie du Tao s'efface devant le réel, sa pensée désubjectivée n'est qu'une nuance du processus réel. L'intrication (via les grammes) du visible et de l'invisible signe une immanence générale, à l'orientale. (1997)

VISION > Invisible

Nous possédons une vision surnaturelle à même les choses qui ne se soutient d'aucune transcendance, pas même celle d'un sujet. Il y a une généralité réelle de l'invisible dont la localisation dans l'espace n'est qu'une particularité secondaire. (1997)