mardi 13 avril 2010

PHENOMENOLOGIE > Mystique

La phénoménologie est une pensée d’après la fin du monde, une rétention du monde qui s’approfondit en réduction. Or l’envers de celle-ci n’est autre qu’une donation de l’originaire s’opérant par conversion ou illumination. La phénoménologie s’apparente à une mystique de la connaissance essentiellement déperceptualisante, précédant tout savoir dans le monde. Comme en toute mystique, la réduction laisse place à une Union transformante donnant accès au Monde de la vie, vécu immanent non idéalisable, bien distinct de la vie mondaine. Cependant Husserl se contente de donner une empreinte mystique à sa pensée puisqu’il fait retour finalement au sujet transcendantal : la perception revient subrepticement sous la forme de l’aperception. (2008)

INTUITION > Ecumène

Les savants doivent apprendre à penser en intuitant. Encore faut-il corollairement apprendre à penser l’intuition pour penser dans l’intuition, qui est la voie de la connaissance mystique. L’homme est fait pour s’émanciper de la réalité culturo-perceptive qu’il a lui-même sécrétée. Penser en intuition revient à effectuer une circulation dilatante : dans le fonds de réel, toute réduction est en même temps donation originaire et toute donation (absolue) équivaut par rétroréférence à une réduction (de soi).

De quoi se constitue la réalité humaine ? D’abord l’écumène ou l’habiter est premier. De lui découle le site de la réalité humaine et ses deux situations spacio-temporelles : l’être-au-monde (perception) ou le mode étendu de la pensée humaine, puis la pensée-dans-le-monde (culture) ou le mode pensé de l’étendue. Seule la pensée en intuition revient à l’habiter originaire, mais celui-ci implique une transsubstantiation. A défaut règne le chaos des savoirs déshabités, quand la connaissance d’où ils procèdent est déniée. A contraire l’écumène est un géométral qui internalise et intégralise les perspectives, empêchant leur "fuite", tout en informant en retour les savoirs externes. (2008)

AFFECTIVITE > Efficience

Toute effectuation effective dépend en dernière instance d’une affectuation intrastructurante. Il existe une efficience affective (pathique) de toutes les efficaces (pathétiques), une connaissance que confère l’habiter en écumène. Le pathique est de l’ordre du tact, il s’affectue sans positon thétique et sans dimension spatio-temporelle. On peut dire qu’il désitue la réalité humaine et la restitue furtivement à son fonds impressionnel. L’humanité se vit à vif dans l’ordre d’une sensibilité autonome et non localisable. Une civilisation du tact existe de droit et son essor dépend de l’efficience européenne beaucoup plus que de l'"efficacité" occidentale. (2008)