mardi 4 août 2009

NEOTENIE > Affectivité

L'affectivité est un pâtir caractérisant l'essence de la vie. Dès lors il y a "néoténie" quand le processus d'effectuation évolutive redevient un moment de l'affectuation générale, involutive par essence. L'involution néoténique ne s'applique plus à la puissance seulement locale et ancienne du larvaire, elle caractérise un système actuel réellement inventif. Pareille mise en avant de l'affectif par rapport à l'effectif reste inédite dans la culture occidentale. (2008)

ANALECTIQUE > Expression

L'expression en général - tant surexposée par les philosophies différentialistes - dépend d'un impressionnel qui en est la structure profonde. L'europanalyse résulte ainsi d’une économie impressionnelle oeuvrant dans l'intrastructure de langage. Son mode proprement désidéalisant est analectique, soit l'opération de scinder le discours de bas en haut (ana) en faisant "remonter" l'exprimé incisif par glissement sur soi jusqu'en arrière de soi... La métabolisation analectique signe un discours en theoria, bien différent de la théorisation habituelle, modélisatrice. (2008)

ECUMENE > Interne

La pensée vécue, non idéalisante, qui ne présuppose plus l’articulation spatio-temporelle, ressuscite l’ambiance originaire d’un écumène, espace interne. L’intentionnalité (pensée-de) husserlienne ou le pro-jet existentialiste ne sont plus qu’éviscération d’un jet dans l’écumène intrastructurant. L’écumène est comme une planète de pensée immobile habitée de façon rigoureusement autochtone ou indigène. Face à l’ici absolu du domaine interne, le plan d’immanence deleuzien reste une conception transcendantale sans épaisseur réelle, encore configurable dans le registre spatio-temporel. (2008)

RETROREFERENCE > Ascendantal

Le concept husserlien de rétroréférence impose à une discipline de « faire retour sur elle-même » : pour un domaine concerné, les lois de production d’un Monde-objet rétroagissent sur le domaine lui-même. La rétroréférence est l’une des lois les plus générales de l’immanence. Il est permis par exemple de revoir le transcendantal husserlien en épaisseur, par rétroréférence à l’ascendantal écuménal. L’ascendantal désigne justement l’auto-affectuation, non égostiste et non-subjective, du vif de vie. A ce titre il n’est qu’un mode de fonctionnement – fictionnement serait plus juste – du réel, à l’inverse de l’imagination seulement transcendantale. (2008)

CIVILISATION > Généanalyse

La civilisation invisible se meut en immanence, « furtivement » et indépendamment des stratégies mondaines mondialistes. Aucune transcendance religieuse dans ce réel de civilisation que l’on nomme europe, seulement un principe local d’écumène, ici et aussi bien partout.
Penser la civilisation suppose une démarche, certes zigzagante dans la nuit interne, mais assurée généalytiquement. Ayant suspendu et même destitué l’a priori perceptif (philosophique) de l’Idée d’Europe, le penseur européen analyse celle-ci depuis l’écumène (c’est ici que la rétroréférence est partie prenante de toute généanalyse), régressant et progressant d’un même mouvement. (2008)

CONNAISSANCE > Tact

Il y a une homologie entre les couples connaissance/savoirs et tact/contact. Les savoirs basés sur la perception caractérisent le complexe philosophico-scientifique et sont des objectivations distanciées (pensée-de) ; la pensée-connaissance, elle, est profondément tactile car ancrée dans l’instance du réel. Elle est intrastructurante et plus seulement infrastructurante.
La pensée-connaissance par tact peut aussi se dire « mystique » en tant qu’intrinsèquement écuménale. Indépendante de la réalité culturelle des savoirs, elle s’imprègne du réel, ou plutôt elle est l’impression connaissante du réel de pensée. (2008)