vendredi 8 mai 2009

PHILOSOPHIE > Essence

La Krisis husserlienne est l'une des dernières et rares tentatives qui, au XXè siècle, assume avec une entière naïveté l'"attitude naturelle" au philosophique, au sens où cette expression désigne, justement chez Husserl, une totale adhésion à l'originalité des jugements dans le monde. Or l'essence du philosophique est d'associer à la fois existence et légitimation. Cette acceptation de l'essence renvoie évidemment à celle de eidos dans la langue grecque naturelle. Car eidos désigne d'une part la forme existante et d'autre part le caractère de connaissance que confère la forme. L'essence de la langue grecque naturelle, tout comme la philosophie qui s'en inspire donc, existe et légitime. C'est pourquoi l'affect profond de la philosophie n'est décelable que dans son effet (ou effect) grec; autrement dit la philosophie s'effectue d'abord culturellement dans le grec.
Pour autant les discours philosophiques ont tendance également à "persévérer dans leur être" et à préserver leur essence. Nous sommes occupés par la détermination de l'essence réelle de philosophie au-delà de l'essence comme eidétique naïve. Husserl occupe une pièce centrale du dispositif qui mène vers une phénoménologie pure. Il rejoue la scène historique de l'attitude naturelle à la philosophie. Au moyen de la réduction, Husserl proposait de faire de la phénoménologie "une science fondamentale". Il s'agit maintenant de restituer l'essence pleinement vécue et spirituelle de l'humanité philosophique, une essence en laquelle la ratio existendi ne se sépare pas de la ratio cognoscendi. (1990)

PHILOSOPHIE > Réflexion

Avec Aristote, nous savons que les propositions philosophiques sont décidées au coeur d'une protoposition comme conversion idéalisante (cf. "Conversion"). Dans la Métaphysique, l'être est certes évoqué intrinsèquement par les catégories, parce que tout discours porte originairement sur l'être. Mais les catégories ne sont pas neutres, elles n'enferment pas naturellement la science de l'être en tant qu'être. Les catégories in-voquent autant qu'elles é-voquent, et notamment elles sont en-gagées lourdement dans la catégorie première de "substance". L'Ousia est toujours invoquée malgré les évocations de choses particulières, comme en un miroir réflexif. Toute définition – la théorie de la définition elle-même - s'avère à la fois logique et ontologique. "Ontologie" exprime à merveille le registre réflexif, où "onto" et "logie" s'appellent mutuellement. Ainsi la variation du philosophique aristotélicien en lui-même aboutit à exciser l'invariant de la réflexion. On comprend bien pourquoi tout philosophe lie la philosophie à l'histoire de la philosophie : la philosophie fait contact - tendanciellement réflexif - avec soi par le biais de la forme du continuum historico-philosophique. Au contraire l'esprit suranalyique – a foriori l'europanalyse - réclame de passer de l'excision philosophique à l'incision qui inverse (reverse dans l'In) la réflexion philosophique. (1990)

PHILOSOPHIE > Conversion

La conversation ordinaire est une succession de retournements passionnels de situation, où chacun pose sa perspective et désire l'imposer en tant que proto-position. Nous dirons que la conversation est affectée par la conversion protopositionnelle, qui est prise dans un régime d'affects. Dans ce contexte, Socrate intervient comme celui qui veut éradiquer la passion, briser l'affect inhérent au Dialogue. Certes cela n'empêche pas Socrate, l'homme théorique, de poser à son tour sa propre thèse passionnelle.
C'est pourquoi Aristote veut purifier la dialogique platonicienne de tout retournement conversif, tout en préservant le noyau platonicien protopositionnel. Aristote rapporte le préfixe "proto" à ce qui sera nommé plus tard une métaphysique, en fait rien d'autre qu'une Analytique générale. Les propositions philosophiques sont décidées au coeur d'une protoposition comme conversion idéalisante. (1990)

THEOROS > Protophore

Le concept de theoros indique le dépassement des deux sortes de pose, la pose thétique d'un thème excisant et la pose esthétique d'un sens extérieurement raccordé à la sensibilité pathique. On dira du theoros qu'il est instance (in-stare), ou qu'il se tient unement en l'In, c'est-à-dire s'enfonce dans l'identité du dimensional interne. Le theoros est instance empathique. Le theoros est donc la protophore elle-même. Si les concepts philosophiques fonctionnement pour l'essentiel comme des métaphores, il faut considérer que ces procédures métaphoriques sont à apposer à des protophores. Finalement le discours philosophique lui-même, en qui s'organisent les métaphoriques, doit être compris en tant qu'apposé au theoros. (1990)