mardi 6 janvier 2009

KRISIS > Europe

Comment respecter cette Krisis essentielle en qui la vérité du réel est de s'enfoncer au lieu de se poser en thèses, ou d'inciser sans exciser ? Le réel véridique, en Krisis, se refuse au compromis de la ratio cognoscendi et de la ratio existendi. Une séparation distinctive rejette les êtres de raison (car le réel n'est pas l'être) sur l'un des versants de la Krisis dissociative. Ce versant est le gréco-philosophique que Husserl souhaite ardemment préserver. Mais aujourd'hui, dans une volonté "scientifique" qui respecte le réel de Krisis, il faut affirmer que l'humanité européenne, ou europe plus simplement, est l'Autre du grec. En particulier europe ne doit pas être confondu avec les occurrences culturelles, économico-sociales et politiques de l'européen grécisé, existant jusqu'à nos jours. Europe est l'Autre versant comme en creux radical de Krisis ; europe est l'origine univoque et réelle (non pas temporelle, et encore moins éternelle ou mythique !) des nécessités culturelles et relatives de l'enfoncement. Europe est réellement l'effondré absolu, l'instance par qui est brisé le fond avant même son travestissement en fondement (Grund) philosophique. (1990)