jeudi 4 décembre 2008

IN > Un

L'Un désigne le réel tel quel, en dehors de toute réduction phénoménologique ou autre opération excisive. Mais, au-delà de ce qu'il indique négativement et inductivement (le seuil du désigné, au-delà duquel les excisions n'ont plus cours, à poser-et-supprimer immédiatement), l'Un évoque la tenue dans une apparence interne qui mérite plutôt le nom d'In. Si l'Un est le nom absolu du réel, l'In désigne sa "substance" pure, soit l'interne. L'In profite du sacrifice opéré (encore ) par l'Un en tant que simple mot ; l'In est aussi, et réellement, co-naissance au réel. (1990)

IMMENSITE > Idéalisation

Le processus idéalisateur inhérent à toute philosophie se nomme : déviation greco-philosophique de la Krisis européenne. En-europe, un dimensionnal d'incise respecte l'espace perceptif brut, sans le pré-engager dans un espace sémantique homogène. En Europe gréco-philosophique, au contraire, le connaître n'est validé que s'il se donne aussi à percevoir (en philosophie ancienne et moderne), et réciproquement le perçu n'existe comme tel que s'il se donne aussi à connaître (dans les phénoménologies contemporaines). Ce renvoi mutuel - en forme d'aller retour - du percevoir et du connaître forme une immensité philosophique flottante, à quoi l'on oppose l'immensité d'incise européenne, dérivée du fundus humain non idéalisé. (1990)

lundi 1 décembre 2008

IMMANENCE > Lebenswelt

On sait que Hegel tente de recomposer dialectiquement l'égalité de la pensée et de la vie, de refaire relationnellement l'immédiat. Mais l'intervalle absolu où cette équation si problématique de la pensée et de la vie devient pensable relève d'un non-lieu, que seul le dernier Husserl a commencé de découvrir. Il est clair que la découverte du monde-de-la vie (Lebenswelt) préfigure celle de l'immanence. "Entre" (historiquement) le sensible de Hume et le catégorial de Kant, Husserl perçoit une vie autonome, un "monde" structuré antéprédicativement. Comment restituer dans sa force antéprédicative cette identité de la pensée et de la vie, par-delà l'échec (ou le succès, c'est selon) de Hegel, lequel ne connaît que les synthèses prédicatives a priori ? Il convient de mettre en analyse ces dernières afin de retrouver une inventivité de pensée. Désormais la "science de la logique" doit être interne et analytique, ce qui n'interdit pas certaines formes de synthèses à des fins de communication. D'ailleurs l'interne et l'externe, l'antéprédicatif et le prédicatif "communiquent" en un geste dénommé ici "écriture", où le filigrane de l'invention transparaît derrière le calligramme de la communication d'ordre culturel. Un ars inviniendi identiquement théorique conduit le lecteur vers l'interne, l'inventio in effectu donne lieu à une science de l'invention. Celle-ci peut prendre appui sur Husserl et sa terminologie dans la mesure où, chez lui, l'écriture en-analyse tend à miner les présentations en-synthèse, l'invention débordant constamment la communication. (1990)

HYPERSPECULATION > Immensité

L'hyperspéculation est ce qui effectue le philosophique en le grec selon deux grandes directions d'immensité (immensité comme habitus du grec), lesquelles font synthèse dans le con-tact gréco-philosophique. La première est la culturalisation de la pensée d'Aristote ou le passage à l'acte généralisé des essences à l'existence. La seconde provient du ressort perceptif brut, elle se manifeste comme pensée sensible à efficace culturelle : on peut alors parler d'une pensée-Nietzsche à côté de la pensée-Aristote. Double superlativité de la connaissance et du goût qui fait synthèse d'immensité. (1990)

HYPERSPECULATION > Contact

L'unité gréco-philosophique s'effectue par un con-tact sans tact de l'exoception philosophique et de la nociception grecque, deux modes appartenant encore au registre réflexif. C'est dans ce registre aussi que s'effectue l'hyperspéculation conjoignant les deux axes immenses de la pensée-Aristote et de la pensée-Nietzche. Mais la relation entre exoception et nociception est originairement interne, et l'hyperspéculation effective est précédée de droit d'une hyperspéculation pure fondatrice (fundus) qui respecte le réel en krisis. (1990)

HOMME > Interne

Le sens même de la signification fait problème lorsqu'elle n'est pas pensée comme transition vécue, dénivellation pure d'expérience pré-personnelle et pré-culturelle. L'existence humaine est d'abord krisis ou analyse continue. Toute la problématique éidético-culturelle de l'un et du multiple, dont se nourrit la crise philosophique des consciences, n'est qu'une retombée idéologique d'une krisis en interne où les différences incisives structurent immédiatement et réellement l'Un humain. L'altération (altérisation) vive n'est jamais aliénation pathologique, et n'est pas structurellement ek-statique comme le Dasein. Partant, aucune réduction n'atteint la duction absolue ; l'épochè cherchée vainement par Husserl n'est pas un aboutissement mais un départ définitivement réussi. Elle relève d'un ef-fondrement et d'un en-creux sur lequel le devenir temporel n'a pas de prise. Les philosophies contemporaines théorisent l'écart et la différence sans rendre justice à l'encart d'expérience d'où elles procèdent fondamentalement (fundus (creux, caverne) et non Boden (sol)). (1990)

GREC > Histoire

Toute ligne de fuite spatio-temporelle est prélevée sur un faisceau de lignes de perte qui forme un géométral interne. Alors l'origine grecque de la philosophie ressortit bien, ascendantalement, de l'europe interne. Il y a deux concepts d'histoire, assez différents. Le premier, exprimant " ce qui se passe" au sens gréco-philosophique, se dit Geschichte en allemand ; le second, au sens d'une méthodologie scientifique, est Historie. Mais la philosophie opère - et dissimule - sa propre suture au grec par un troisième principe - le sujet - qui unifie le temps collectif. De ce fait le lien entre grec et philosophique est interne (l''un vérifie l'autre), faisant rétroréférence. Le grec, comme le philosophique, sont apposés à europe. (1990)

GEOMETRAL INTERNE > Homme

Dans l'à vif transitionnel humain, les lignes de fuites dimensionnelles et horizontales s'effondrent en lignes de perte dimensionales, sans fond ni horizon. La réalité humaine est infiltration pure où existence et sens rétrofèrent mutuellement puisque les lignes de perte s'effondrent simplement les unes sur les autres, n'assemblant ou ne dilapidant aucune substance. Demeure un réseau vif de disparitions nommé "géométral interne" : monument jamais présent comme tel, il se constitue plutôt comme ambiance humaine pure. Au contraire le culturel grec institue le monument comme présence constante, et d'abord présence de la philosophie comme sujet transcendantal. (1990)

GENEANALYSE > Zigzag

En tant qu'adéquate au réel immanent, la généanalyse se produit comme une synthèse-en-analyse ou entrée en-analyse continue. Elle substitue aux descriptions du Logos médiateur une inscription basée sur l'apposition au réel et non sur un réflexe de position transcendantale. Or la méthode intuitive d'inscription, assumant la crise absolue de la pensée-espace, s'avère une création en zig-zag (ainsi que Husserl en fait lui-même la remarque). Un premier "zig" correspond à cette mise en inscription des descriptions, ou à cette immanentisation de la pensée sous son aspect transcendantalisant, tandis qu'un "zag" effectue dynamiquement ce sacrifice, confirmant le mode insurrectionnel de pensée. Il n'y a pas de solution ou d'éclaircie, mais immédiatement un renversement en arrière, une inclinaison (anaklitos) qui signe la clinique non réflexive ou l'acte analytique même. S'articulent donc un second zig et un second zag qui effectuent cliniquement une Aushebung : le fait de s'ôter en creusant, ou ef-fondrement interne. Il ne s'agit plus seulement d'inscrire la description en emblématisant toute problématique, mais de redécrire positivement l'inscription en reproblématisant, cette fois en emblématique : appelons ceci une "endoproblématisation". L'écartement (zig zag) ne ressortit plus à l'espace mais à l'épaisseur interne, à l'encart du réel traversé ou plutôt infiltré. Ce second moment transforme ce que Hegel appelle le moment de réflexion extérieure succédant à celui de la réflexion posante, unifiés tous deux par la réflexion déterminante. C'est cette phase essentielle qui reste à déterminer selon la loi vive d'invention du réel, en faisant l'économie de toute négation réexposante et de toute synthèse. Si une méthode immanente est découverte et oeuvrante dès les premiers zig zags, un troisième mouvement conduit plus positivement à une méthode de découverte. L'Aushebung elle-même n'est finalement qu'accidentelle au sein de l'essentiel, elle inscrit une distance en instance de réel. Il faut donc réemblématiser ce qui fut reproblématisé en emblématique, et réinscrire globalement ce qui fut redécrit en inscription. Finalement l'Hebung interne (aspiration) et l'Aushebung externe (expiration) n'existent que sous condition d'une Erhebung première ou "définitive", qui est la vraie inspiration insurrectionnelle, le contenu de la méthode clinique par preuve d'épreuve. (1999)