jeudi 18 décembre 2008

KATHEKEIN > Suite lyrique

L'écriture inscrivante se fait l'écho vers plus de lisibilité culturelle des trois temps continus de la suite lyrique, depuis le kathêkein en son essence immanente et sacrée vibrant et retentissant jusqu'au sommet plus évasé de la cathédrale. Opposé au mouvement expressif dialectique et totalisant de Hegel, la suite zigzagante logico-lyrique est remuement transsubstantiateur en fluidité impressive. L'atmosphère fluide en glissé pousse plus loin l'intra-tactuel initial, par le remuement même comme alternance du sidérant (vapeur) et du sidéré (eau). L'impression va s'exprimant et se structurant par vagues successives et néanmoins immanentes : preuve par épreuve, épreuve d'épreuve, épreuve vive par preuve. Ce qui effectue encore : 1) une en-position initiale d'atmosphère auto-affective formant le cadre aspirant de la Hebung, comme un port en déport), loin en tout cas de la thesis hégélienne ; 2) un passage en glissé vers l'Aushebung (s'omettre de soi en creusant), comme un déport quittant le port, coulant en épreuve d'épreuve : le calice-Occident est ainsi ouvert laissant place à l'inspiration, l'idée moderne de Polis est europanisée depuis l'eocumène comme espace d'habitation immanent ; 3) une affectuation de l'affect par l'Aushebung creusante, culturellement aveugle, mais illimitant les limites effectives et conceptuelles. Celles des sciences classiques dont le désert spatio-temporel tend à s'auto-dévorer, celles des espaces de contact mondianisés comme hallucination générale proto-pathologique. L'eau et le feu entr'agissent et fusionnent dans une coulée d'eau-de-feu sacré. En résumé, la structure triadique réelle (Hebung, Aushebung, Erhebung) évoque un port (1) qui se déporte (2) comme report insurrectionnel (3), trois incidences qui accentuent sans projecteur le corps noir du sacré. (2001)