lundi 1 décembre 2008

IMMANENCE > Lebenswelt

On sait que Hegel tente de recomposer dialectiquement l'égalité de la pensée et de la vie, de refaire relationnellement l'immédiat. Mais l'intervalle absolu où cette équation si problématique de la pensée et de la vie devient pensable relève d'un non-lieu, que seul le dernier Husserl a commencé de découvrir. Il est clair que la découverte du monde-de-la vie (Lebenswelt) préfigure celle de l'immanence. "Entre" (historiquement) le sensible de Hume et le catégorial de Kant, Husserl perçoit une vie autonome, un "monde" structuré antéprédicativement. Comment restituer dans sa force antéprédicative cette identité de la pensée et de la vie, par-delà l'échec (ou le succès, c'est selon) de Hegel, lequel ne connaît que les synthèses prédicatives a priori ? Il convient de mettre en analyse ces dernières afin de retrouver une inventivité de pensée. Désormais la "science de la logique" doit être interne et analytique, ce qui n'interdit pas certaines formes de synthèses à des fins de communication. D'ailleurs l'interne et l'externe, l'antéprédicatif et le prédicatif "communiquent" en un geste dénommé ici "écriture", où le filigrane de l'invention transparaît derrière le calligramme de la communication d'ordre culturel. Un ars inviniendi identiquement théorique conduit le lecteur vers l'interne, l'inventio in effectu donne lieu à une science de l'invention. Celle-ci peut prendre appui sur Husserl et sa terminologie dans la mesure où, chez lui, l'écriture en-analyse tend à miner les présentations en-synthèse, l'invention débordant constamment la communication. (1990)