lundi 17 novembre 2008

CIVILISATION > Union sacée

Comment fonder une communauté immune, hors espace-temps, qui soit Union sacrée originée en chaque solitude d'homme ? Comment accéder de nouveau à l'Ecriture, sans toucher à celle-ci, sans interprétation superflue ? Il y va d'un tact, d'un toucher qu'interdit de fait la démonologie démocratique instituée. Un bain immunitaire immense fonde toute communauté ultérieure (en dehors de toute initiation sectaire, bien sûr), tandis que le sacrifice est la première régression symbolique vers une "adculturation" généralisée. La pensée mystagogique réelle se babélise en théo-mysto-logie, mais inversement ne cesse ne faire incise, de s'infiltrer via une mystique certes encore acculturée. L'europanalyse, constituée ici, se veut précisément autolyse ou création mystagogique de soi, par rétrocession du Soi culturel au soi individuel. Ce n'est pas une théorie de la passion, voire de la passivité (comme chez M. Henry), car celles-ci ne sont que retours effectifs, ou actions réversives, à partir de l'affect mystagogique interne. En l'union sacrée, un ressac civilisateur se produit à chaque mise à sac culturelle, une sorte d"instinct de mort" intrinsèquement analytique. S'ouvre la voie d'une europe religieuse ou sacrée comme recueillement de l'homme immun : d'abord recueillement du soi réel dans le Soi culturel (résolution en moi de la réduction au Soi), puis expansion du don et accueil de la compassion universelle, dans un échange qui n'est plus d'ordre symbolique mais aisthesique. (2001)