lundi 17 novembre 2008

CIVILISATION > Culture

Une distinction s'impose entre la culture européenne colonisatrice, fruit de l'expansion du kosmos gréco-occidental, et la civilisation judéo-chrétienne réelle. La première se fonde sur une philosophie dissimulant le réel à proportion qu'elle répand ses pseudo-lumières ; la seconde, loin d'être l'héritage ou la tradition que l'on croit, s'insinue et progresse réellement en sensibilité malgré sa régression culturelle programmée. En elle se loge le sacré réel dépouillé de toute enveloppe religieuse, et cependant porté par un katholicos communiant dans l'Amour. La culture des Lumières, cette hallucination collective, n'a fait que retarder proprement le règne néo-testamentaire, l'édification d'une Ecclesia (Eglise) authentique. Ce retard est un fait de culture positif à sa manière, qui ne saurait être comblé ; d'ailleurs, la méthode europanalytique ne procède nullement d'une Archè originaire et ne prône pas un retour à la tradition. Procédant tout autrement, méthodiquement, elle s'engage à donner de la religio civilisatrice une version réelle qui soit d'emblée en avance de soi vers soi. A l'échelle sociale, la précompréhension du profane par le sacré est constitutive d'une relatio qui est immunité, amour, et non simplement fantasme communautaire ou politique. L'idéal démo-démonocratique est imbu de fanatisme physico-mathématique ; et ce n'est pas revenir à la métaphysique que d'écarter une philosophie globalement épistémologique, basée sur un Theos-sujet dont on ne peut nier l'origine théologique. (2001)