samedi 26 février 2011

CLINIQUE > Souffrance

L'idée de clinique généraliste mérite d'être défendue et même généralisée dans l'optique d'une prise en compte adéquate de la souffrance humaine, en tant qu'humaine. Celle-ci ressortit d'une sensibilité générale qui doit être diagnostiquée comme souffrance vive dès avant toute symptomatologie. Il s'agit d'un véritable principe de réel que n'a pas aperçu Freud.

L'europanalyse comme clinique est une invention du réel par avancée dans le réel, c'est-à-dire qu'elle s'invente ou se traite elle-même ; mais elle possibilise en même temps un traitement pleinement homéopathique (sans médiation) des affections consécutives à l'idéalisation du réel.  (1997)

lundi 10 janvier 2011

SCIENCE PREMIERE > Thérapie

La science première invente l'entrée dans l'inconnu absolu. Sa méthode est l'anaklitos, torsion sur soi palpante (non réfléchissante) plaçant le soi en abîme. Ce faisant elle invente par correction à partir de l'inconnu et non à partir d'un connu accumulé. Elle n'avance qu'en se rectifiant. A la manière d'une thérapie homéopathique, elle détruit un mal par l'application d'un autre mal soignant. (1997)

FOLIE > Donation

Une pensée inventive scientifique suppose la réduction-donation, tandis que la folie se prive de tout travail de réduction et déforme la donation en affection brute. Le psychotique est possédé par l'absolu mais il n'invente rien en l'absolu ; il effectue d'emblée l'affect et réalise (étrangement) dans ce monde ce qui devrait régner dans l'immensité, simulant en extériorité la science première du monde de la vie. (1997)

MYSTIQUE > Analectique

L'introjection mystique ou emblématique n'est pas un trajet de dehors vers dedans mais une métaphorisation intégrale, un transport interne. Une pensée évidente qui refuse toute idéalisation est une pensée "en chair et en os" qui s'évide littéralement, à la fois de toute chair (faisant plein de pensée) et de toute pensée (faisant plein de chair). Sa structure est analectique et non plus réflexive, la pensée (de la chair) ne prend plus appui sur elle-même sinon en s'enfonçant plus avant comme chair (de pensée). L'analectique procédant par déboitements et mises en apposition (jamais opposition) permet d'avancer réellement en épaisseur, donc finalement en intraposition. Le retournement clinico-analectique ouvre sur un ordre de réel plus puissant, quoiqu'immanent et non transcendant à la manière des mystiques religieux. (1997)

ETERNEL RETOUR > Intuition

L'intuition de l'Eternel retour du même s'avère foudroyante et contraint Nietzsche au silence discursif, affectant ses ultimes tentatives d'effectuation théorique. Irruption par trop soudaine, tremblement profond à effet dévastateur. Il convient pourtant d'utiliser la force emblématique sans perte d'énergie, s'immerger en profondeur inventive sans se laisser submerger ni s'effondrer mentalement. (1997)

lundi 3 janvier 2011

PENSEE PLANETAIRE > Planète de pensée

La planète de pensée est l'ouvert emblématique, dont le terminal est l'ouvrant problématique de l'espace-temps culturel. En mode immanent, la problématisation prend appui sur soi pour se libérer de soi et s'ouvrir ainsi à la source emblématique. Ainsi la pensée planétaire s'abouche à la planète de la pensée. (1997)

EUROPANALYSE > Orient

L'europanalyse met en place un théoricien en-ouvert qui théorise-dans (c'est une habitation, un écumène interne), et non plus des théorisations ouvrantes par les théoriciens-de (position théoriciste fermée). L'europanalyse en theoria invente en se désacculturant. Afin de produire l'équivalent occidental de l'orient, le penseur doit rompre avec les représentations(-de) de type philosophique, s'effacer en tant que sujet au profit de la nature de la pensée (que la Science première se doit d'expliciter) comme le Sage s'efface dans la nature des choses. (1997)

NON-PHILOSOPHIE > Connaissance

François Laruelle, avec sa non-philosophie, ancre sa pensée droit dans le réel que nous disons européen ; l'homme ou le réel-Un y est l'absolument inconnu emblématique, c'est-à-dire qu'il ne fait pas problème. Dans le premier ordre humain, le discours est exclu. Pourtant Laruelle ne poursuit pas dans l'immaner, chez lui l'homme se voit soumis problématiquement à sa connaissance. Le réel sort de lui pour connaître, sollicité par l'ouvrant culturel occidental. Qu'on le veuille ou non la connaissance se trouve à nouveau séparée du réel par le biais de l'unilatéralisation, elle risque de faire instance à part sans refaire cocon évidemment. Le risque de théoricisme est patent. L'ouvrant distanciant, nécessaire à la représentation, ne peut être qu'un moment d'un processus ouvert. (1997)

PHENOMENOLOGIE > Immanence

Les auteurs phénoménologues ont entamé une ouverture vers l'immanence, à contre-courant de la position occidentale extériorisante et en procédant par dérivation. Il convient de parachever cette démarche en la radicalisant : glisser de l'invisible transcendant dans un processus immanent où l'invisible est à même le visible et où le visible est illuminé de l'intérieur. La voie européenne devra plus précisément penser le visible dans l'invisible de la pensée. (1997)

NEOPHILOSOPHIE > Occident

La "néophilosophie" déconstructionniste prend partiellement conscience de la ruse culturelle de toute position philosophique, sans toutefois viser La philosophie comme telle, de sorte que les opérations de découpe et de déplacement qu'elle exerce stratégiquement contribuent paradoxalement à l'extension du cocon spatio-temporel et donc à l'occidentalisation de la planète. (1997)

PLANETE DE PENSEE > Perception

L'immaner réel transforme le temps et l'espace qui nous servent de réel culturel, et encore abstrait. Freud lui-même a institué l'inconscient en dehors de l'espace-temps perceptif, ce mode d'intuition limité dont la conscience est le terminal. L'intuition est à restructurer immensément. Dans la généralité de la planète de pensée, l'opposition perceptive du corps et de l'esprit disparaît. Le visible se trouve interprété dans l'invisible et inversement. Elle procède par intractivité interne et non interactivité spaciotemporelle. Nous dirons encore qu'elle est instrastructure d'emboutissement des structures d'aboutissement, c'est-à-dire terminales. Son immensité n'est pas celle de l'omnidimentionalité de la koiné scientifique. (1997)

PLANETE DE PENSEE > Pensée planétaire

Malgré l'extension de la pensée planétaire, ou à cause d'elle, l'europanalyse crée les conditions d'une planète de pensée authentique et autonome, tout en gardant l'apport des révolutions scientifiques. Alors que l'Occident est le genre induit des cultures européennes, Europe sera une forme ou une généralité réelle, une planète de pensée (via la matrice "europe") dépourvue d'attache spatio-temporelle. (1997)